Olivier Leclerc, notre compagnon de voyage, a réalisé un superbe carnet de voyage sur notre dernier périple en Ethiopie. Nous, les trois VTTistes ayant pédalé dans ce pays extraordinaire, y retrouvons parfaitement les émotions ressenties lors de cette aventure. C’est bluffant !
Ce titre reflète bien ce que nous avons vécu, il n’est pas de moi mais vu sur le site www.parisbrestparis.tv
C’est une épreuve extraordinaire qu’il faut vivre pour savoir de quoi il en retourne exactement, nous avons des images pleins la tête et de très nombreux souvenirs, la plus forte étant certainement la tête que nous avions à l’arrivée après la douche, visages marqués, des masques, des cernes, des gerçures, des déhanchements, des claudications reflétant la difficulté de l’épreuve.
Voici un petit compte rendu de notre premier PBP (des photos suivront).
Dimanche 19 août Départ au petit matin en voiture direction Guyancourt pour les formalités de départ. Arrivée vers les 14H30 et nous sommes tout de suite dans l’ambiance avec des cyclos partout, quelques drôles de machines et quelques 42 nationalités différentes, après les formalités de départ direction l’hôtel à Paris. Petite balade nocturne vers Saint Michel et retour vers les 22H30
Lundi 20 août La journée : Réveil le plus tard possible petit déjeuner et repos a l’hôtel jusqu'à midi, un plat de pâtes dans une pizzeria puis direction Guyancourt et le départ. Nous allons sur le parking longue durée et préparons nos vélos et notre matériel la météo annoncée n’est pas terrible, pluie et vent toute la semaine avant un week end estival. L’après midi se passe et nous nous rendons au départ vers les 17H30. Un dernier plat de pâtes puis direction le départ et la longue attente. Luc et Guy sont dans la catégorie vélos spéciaux et le départ est fixé à 21H00, pour Sylvie, Gérard et Christophe c’est à partir de 21H30 par vagues de 500 en fonction de l’heure d’arrivée. Nous avons prévu de passer un sms à Guy pour lui donner notre vague de départ. Le temps est menaçant. 21H00 c’est parti pour Luc et Guy, nous savons déjà que nous ne serons pas dans la première vague, nous étions plutôt en avance et la deuxième ou la troisième vague devrait être jouable cela fera donc du 21H50 ou 22H10 la dernière vague partira ver les 23H30. Finalement cela sera la deuxième vague à 21H50. C’est parti et heureusement nous sommes vers la fin de la vague et cela va doucement au début. 140 kms nous attendent jusqu'à MORTAGNE AU PERCHE. Il pleut et nous sommes très nombreux, il faut être très vigilant et concentré pour éviter la chute.
Gérard, Sylvie, Christophe et Guy avant le départ (manque Luc qui prend la photo)
Mardi 21 août Après MORTAGNE AU PERCHE c’est 82 kms qui nous attendent jusqu'à VILLAINES LA JUHEL(KM 222), la nuit est difficile de part les conditions météo, nous prenons soins de nous alimenter correctement et d’essayer de boire le plus régulièrement possible. Nous retrouvons par hasard Guy et Luc au petit déjeuner de Vilaines, Guy a fait 23 kms en plus en suivant un groupe qui s’est perdu, nous allons continuer ensemble. Au petit matin un cycliste freine un peu brutalement dans une descente un autre lui rentre dedans et c’est la chute, nous sommes juste derrière et ça va vite, Christophe arrive à l’éviter et Gérard freine brusquement et tombe à son tour. Le temps pour tout le monde de reprendre ses esprits et de constater les dégâts le cycliste qui est tombé arrêtera la son Paris – Brest pour cause de côtes cassées et traumatisme crânien, Gérard s’en tire avec quelque équimoses, la lampe frontale out mais peut repartir. 88 kms nous attendent jusqu'à FOUGERES (KM 310), la journée se passe normalement sous de fréquentes averses et les ponchos ramenés par Sylvie de la semaine fédérale sont le bienvenue. Le vent est de ¾ face et est violent avec des rafales, vivement le retour. 54 kms jusqu'à TINTENIAC (KM 364,5) et nous il va falloir commencer à penser à dormir un peu. Nous trouvons dans tous les points de contrôles de quoi se restaurer, dormir, se doucher etc.. Mais on peut également y perdre beaucoup de temps si l’on ne fait pas attention. Certains cyclos ont des véhicules d’assistance avec de véritable armada logistique comme des campings cars, nous avons choisi de la faire en autonomie et ne pouvons donc nous en remettre qu’a nous même, mais de parole d’ancien c’est sûrement l’année ou il fallait avoir une assistance à la vue des conditions météo, tant pis on continue comme ça. Nous décidons de pousser jusqu'à LOUDEAC (KM 449,5) pour optimiser notre parcours et nous accorder 3H00 de sommeil.
Mercredi 22 août Départ 4H00 du matin pour CARHAIX (KM 525,5) puis BREST (KM 614,5), en repartant, nous croisons les premiers retours qui empruntent la même route, nous passons par le point culminant de la Bretagne qui est le ROC TREVEZEL (384 m d’altitude) avant de plonger vers Brest. Nous sommes depuis quelques temps séparés de Luc qui avec son vélo couché avait plus de mal dans les montées mais nous rattrapait dans les descentes. Il fait grand beau a Brest (c’est la seule fois ou nous verrons le soleil) et c’est avec soulagement que nous apercevons la mer. Une pause photo avec la mer et Brest puis une pause restauration avant de repartir vers Paris et nous verrons enfin le balisage retour. Luc nous appelle au téléphone et nous annonce qu’il a 1/2 heure de retard nous prenons le temps de nous restaurer et de profiter du soleil en l’attendant, nous sommes dans les barrières horaires définies par l’organisation. Nous apprenons également que ces barrières sont augmentées de 2H00 mais que le temps global doit toujours être de 90 heures maxi. Luc arrive à Brest et après une petite discussion nous décidons de reprendre la route et Luc continuera à son rythme de sons coté. Nous partons pour CARHAIX (KM 697) puis LOUDEAC (KM 773) qu’il serait idéal de rejoindre encore aujourd’hui pour mettre toutes les chances de notre coté. Tout se passe bien, nous croisons encore quelques cyclos qui vont vers Brest, nous sommes dans les barrières horaires mais les premiers soucis physiques commencent à se faire sentir bien entendu les fesses pour tout le monde, les pieds pour Gérard, un genou pour Sylvie, les deux genoux pour Christophe, et le tendon d’Achille pour Guy. Le corps nous rappelle qu’il n’est pas coutumiers des contraintes que nous lui faisons subir. Chacun d’entre nous sait qu’il va passer par des moments difficiles et qu’il va falloir serrer les dents. Le Paris – Brest – Paris c’est 50 % de physique et 50 % de mental et il ne faut rien lâcher. Nous nous arrêtons dans une pharmacie pour soigner ces bobos, la pharmacienne est adorable et s’occupe vraiment très bien de nous. A CARHAIX nos nous arrêtons à la sortie du village à une boulangerie pour nous restaurer et prenons quelques sandwichs, la boulangère nous invite à rentrer dans sa maison pour nous reposer et nous invite pour le café, comme dit Gérard une invitation, cela ne se refuse pas, extraordinaire ces Bretons. Luc nous informe également par téléphone de son abandon à Brest, il a voulu repartir mais les jambes n’étaient pas au rendez vous et a préféré arrêter, il fera le retour avec des véhicules d’assistance et nous retrouvera aux points de contrôles. Nous atteignons LOUDEAC dans la nuit et ne pouvons nous accorder que 2H00 de repos avant de repartir, les heures de sommeils sont rares et précieuses sur un Paris – Brest – Paris.
Jeudi 23 août Départ de LOUDEAC 6H30 direction TINTENIAC (KM 858) puis FOUGERES (KM 912,5), une nouvelle journée et les contions météo ne s’améliore pas. Nous arrivons à rouler dans de bons groupes et à de bonnes allures. Le public nous encourage de plus en plus en nous indiquant que nous tenons le bon bout. Il nous faut rallier VILLAINES LA JUHEL (KM 1000,5) et nous saurons alors qu’il ne nous restera plus « que » de l’ordre de 220 kms nous avons pris de l’avance sur les barrières horaires et tout va bien. Guy a pris de l’avance en profitant de l’aspiration d’un peloton et préfère ne pas s’arrêter trop longtemps aux ravitaillements, c’est Luc qui nous donne des ses nouvelles lorsque nous le retrouvons aux ravitaillements. A 500 m du ravitaillement, Christophe entend un grand crac et se retrouve presque parterre, c’est la vis du chariot de selle qui à lâchée, ouf heureusement que c’est arrivé en roulant doucement et que cela est arrivé tout prêt d’un contrôle, la situation est farfelue lorsque Christophe rejoint le contrôle sans selle sous les yeux ébahis des spectateurs et des automobilistes. Le petit atelier de cycle au contrôle est complètement débordé et c’est Luc qui sera obligé de bricoler un truc car il n’avait pas la bonne pièce pour que Christophe puisse repartir tranquille avec la selle.
Après concertation nous pensons qu’il nous faut rejoindre MORTAGNE AU PERCHE (KM 1082,5) encore cette nuit, pour mettre toutes les chances de notre coté. C’est parti pour 82 kms de nuit avec beaucoup de fatigue. La première partie se passe bien et nous voyons des choses hallucinantes, les cyclistes s’arrêtent sur le bord de la route pour dormir quelques minutes car trop fatigué, il y en a qui dorment avec la tête à moitié sur la route ou dans des endroits complètements insolites. Ce syndrome gagne Sylvie vers les 1H00 du matin et elle doit luter de toutes ses forces contre le sommeil et c’est vraiment trop dur. Nous envisageons une micro sieste pour elle sur les escaliers d’une maison dans un petit hameau, il nous reste 15 kms à faire pour atteindre le contrôle. Elle s’arrête environ 2 mn avant de reprendre les choses en main et de nous mettre un rythme d’enfer jusqu’au contrôle. Magnifique nous sommes largement dans les temps mais n‘avons pas beaucoup de temps pour dormir, maximum 1H30. Sylvie en profite pour dormir, Gérard et Christophe vaquent à différentes occupations pendant 2H00 (soins, douche, repas, échanges avec d’autres concurrents etc.)
Vendredi 24 août Départ 6H00 pour DREUX (KM 1156,5) puis SAINT QUENTIN EN YVELINES (KM 1225), nuit blanche pour Gérard et Christophe et 1H00 de sommeil pour Sylvie. Normalement nous sommes largement dans les temps sauf gros souci mécanique ou grosse, grosse défaillance. Il n’y a plus de grosses bosses et c’est à un rythme d’enfer que nous nous rendons à Dreux, c’est Sylvie qui donne le rythme et ça avance bien, 3 autres concurrents se joignent à notre groupe et nous roulons en relais, les kilomètres sont vites avalés et le temps passe vite. Lorsque nous arrivons à DREUX, il est 9H30 et il nous reste quelques 70 kms pas forcément facile car nous allons rentrer dans les agglomérations. Guy nous informe qu’il est à Paris et qu’il a roulé toute la nuit, il nous attend. Nous discutons avec de nombreux autres concurrents et faisons déjà un peu le bilan de ce PBP. L’arrivée à Saint-Quentin se fait au milieu d’une foule nombreuse et nous sommes bien content d’en finir. Après avoir franchis la ligne d’arrivée nous nous félicitons mutuellement avant d’aller pointer, il est 14H40.
Une bonne douche avant de prendre les véhicules et de se rendre dans un restaurant pour fêter cela avec un bon repas et une bouteille de champagne. Chacun évoque ses souvenirs et ses points marquants.
Il y a un hôtel à coté du resto, nous prenons des chambres et dormons 12H00 d’affilé (quel bonheur) avant de retourner dans nos Vosges du Nord.
Nous sommes très satisfait de cette première participation à un Paris – Brest – Paris d’autant plus que nous sommes arrivés au bout avec des conditions météo particulièrent difficile et que nous avions choisi de le faire en autonomie et sans véhicule d’assistance ce qui apparemment n’est pas courant pour une première participation.
Quelques chiffres : 88,5 heures pour Sylvie, Gérard et Christophe 83,5 heures pour Guy environ 5H de sommeil du lundi 9H00 au vendredi 20H00 1225 kms 57,08 heures de selle 21,50 km/h de vitesse moyenne 10000 m de dénivelé positif 62,6 de vitesse maxi
Nous pouvons enfin répondre à la question : alors c’est lequel le plus dur le 400 ou le 600 ? ben c’est différent mais nous sommes bien content d’être arrivés et nous avons très mal aux fesses.
Les questions sont multiples lorsque nous nous retrouvons vendredi soir à Mulhouse pour dormir à l’hôtel à quelques encablures du départ du brevet des randonneurs mondiaux de 600 kms de Mulhouse. Quelle sera la météo ? A quelle heure arriverons nous a l’auberge le lendemain soir ? T’as bien récupéré du 400 toi ? La réponse est à chaque fois la même : on verra bien…
Samedi 9 juin réveil 3 heures direction le départ le ventre vide car pas de possibilité de petit dej à l’hôtel à cette heure matinale. Quelques cyclos s’affèrent déjà, un petit café quelques petits échanges avec les autres participants et le TGV s’en va avec les premiers qui ont un objectif de temps. En ce qui nous concerne nous prenons les traditionnelles 10 minutes de retard en contrôlant la pression des pneus en dernière minute. Nous quittons Mulhouse à quelque 33 km/h, tiens n’avions nous pas dit que nous roulerons cool. A Belfort nous voyons les nombreuses voitures qui vont à la cyclosportive des 3 ballons et nous avons une grosse pensée pour nos compagnons de club qui vont participer à cette épreuve, cela va être dur pour eux aussi. La journée se passe bien nous avons une météo clémente après un brouillard matinal et nous essayons d’optimiser nos temps d’arrêt tout en nous disant qu’il est également important de récupérer. Nous roulons avec un groupe de 3 autres cyclos dont un qui à une grosse tendinite mais nous avons à peu près le même rythme, un deuxième aura 70 ans au mois de juillet, chapeau, nous resterons ensemble jusqu'à l’arrivée. Nous arrivons le soir à l’auberge de jeunesse de Saint Mihiel avec quelque 360 kms au compteur, quelque 17 kms de plus que prévu. Super une bonne douche, et un bon repas. Couchés à 22H30, feu d’artifice dans la ville (c’était pas pour nous) à 23H30, ronflements etc.. Nous n’avons pas beaucoup dormis lorsque le coq chante à 3H00 mais nous nous sommes reposés. Guy se demande dans quel film il est et il pense bien à une série de science fiction. Nous avons quelques 260 kms de prévus et ne savons pas trop comment la mécanique va réagir après la journée d’hier. Les premiers kilomètres de nuit sont agréables et il nous faut avancer. Arrêt vers les 8H30 à Contrexville pour un petit déjeuner, nous sommes largement dans le timing imposé par l’organisation et commencons à faire nos premiers pronostics d’heure d’arrivée à Mulhouse, mais la route est encore longue. En ce qui nous concerne nous passons par différentes phases allant de moments difficiles à des moments ou nous sommes bien en passant par des phases de bâillements. Nous arrivons à Remiremont vers les 13H00 et l’orage menace, allez un petit resto chinois avec des pâtes et du riz pendant la pluie, si c’est pas bien ça. Il nous reste le col d’Oderen puis la descente vers Mulhouse et tout va bien si ce n’est que nous avons très mal aux fesses. La montée se passe bien nous y allons cool, la descente et le retour vers Mulhouse sont normalement de simples formalités et nous galérons pas mal pour trouver les pistes cyclables sous un orage, finalement nous nous retrouvons sur le parcours et avons encore des ressources pour rejoindre l’arrivée à un bon rythme, il est 18H10, super.
Nous sommes fatigués mais pas épuisés, le retour vers les Vosges du Nord est envisageable ce soir. Une bonne douche quelques échanges avec la très sympathique organisation lorsque arrive un autre groupe de cyclos dont un tandem avec un couple de Soulz sous forêt. C’est hallucinant je n’ose même pas imaginer la difficulté en tandem, bravo à eux. Nous échangons nos impressions et sentiments avant de prendre la voiture.
Quelques chiffres : 631 kilomètres 25H49 de selle 24,65 km/h de moyenne 65,2 km/h de vitesse max (nous n'avons pas la plus basse) Apparemment 4500 m de dénivelé positif (il s’agit d’un chiffre entendu à l’arrivée) 9 heures de sommeil max en deux nuits (en pratique il y avait bien moins)
Pas de soucis mécaniques, une météo clémente presque idéale et tout le monde est en pleine forme. Reste plus qu'a s'inscrire pour le Paris – Brest – Paris.
A très bientôt pour de nouvelles aventures.
PS : désolé pas de photo à moins que le sympathique cyclo de Wissembourg qui a pris quelques photos lise cet article et les fasse parvenir au président du club du CVNM (coordonnées ici)
Sylvie, Gérard, Luc, Guy et Christophe
Le BRM 400 kms qualificatifs pour Paris-Brest-Paris
Après un 200 kms à Mulhouse, un 300 kms à Reims, les choses sérieuses commençaient les 26 et 27 mai pour les 5 "partants" pour le Paris-Brest-Paris 2007. Il s’agissait du brevet des randonneurs mondiaux de 400 kms avec un départ d’Epinal.
Les participants : Schweickart Sylvie Buffler Christophe Ketterer Gérard Lorentz Guy Piveteau Luc
Départ d’Epinal le samedi 8H00 sous la chaleur, direction Bacarat puis les Vosges avec deux cols dont le Collet à plus de 1000 m d’altitude et une grosse chaleur dans la montée. Pause déjeuner d’environ 45 minutes à la station de La Bresse avant d’attaquer le col des croix et de prendre la direction de Lure. Un gros orage en fin d’après midi nous force a stopper environ une demi-heure heureusement il y avait un abri à proximité les kilomètres suivant s’enchaînent rapidement avant la nuit et une pause dans une pizzeria avec quelques 280 kms au compteur. Départ vers les 23H00 pour les 130 derniers kilomètres. La nuit est calme et la vitesse est plus modérée, la fatigue et le manque de sommeil commencent à faire leurs effets. Une pluie fine vers les 4H30 rajoute une couche à la difficulté de l’épreuve et provoque une chute (Sylvie et Luc) à un passage à niveau. Heureusement plus de peur que de mal et l'on s'en tire avec une crevaison. Arrivée à 6H00 à Epinal, 22H00 après le départ avec 410 kms au compteur et pas loin de 4000 m de dénivelé positif. Petit déjeuner puis une petite sieste avant d’attaquer le retour en voiture. Prochaine étape le 600 kms les 9 et 10 juin à Mulhouse.
DNA du 21/02/2007
Dans le désert éthiopien Après l'Islande, le Yémen, la Chine ou le Chili, les Haguenoviens Thierry Lienhardt, Claude Casterot et Hervé Boisson ont arpenté l'Éthiopie à VTT. Ils sont rentrés jeudi dernier de leur périple de trois semaines, des souvenirs et des images plein les valises.
Leur périple à VTT a failli se terminer... à pied. Partis le 19 janvier pour parcourir l'Éthiopie à vélo, les Haguenoviens Thierry Lienhardt, Claude Casterot et Hervé Boisson, habitués des expéditions de l'extrême (DNA du 14 janvier), ont débuté leur périple dans la dépression du Danakil, dans la vallée du rift.
La lave bouillonnait à nos pieds. Il y avait un silence absolu.
Dans un désert à cent mètres sous le niveau de la mer. « A mesure qu'on "descendait", raconte Thierry Lienhardt, l'atmosphère, d'abord suffocante, devenait de plus en plus humide. A la fin, on a été submergé de boue : nos vélos pesaient le double de leur poids initial. » Le dérailleur de l'un des aventuriers en « explosera ». Quelques jours après le départ, les compères se préparent à chambouler toute l'organisation de leur voyage. « On n'avait pas de pièce de rechange... Mais Hervé a fait un petit miracle : avec du fil de fer et un peu de colle, il a bricolé un dérailleur de fortune qui a tenu tout le séjour. »
Les touristes sportifs ont donc pu continuer de souffrir dans l'humidité suffocante du désert. Et être récompensés par le spectacle incroyable d'une caravane d'un millier de dromadaires transportant le sel extrait par les Afars dans des conditions de travail « sans doute inchangées depuis des siècles ». La suite du voyage amènera les trois amis, accompagnés de leur photographe Olivier Leclerc, à découvrir des paysages incroyablement variés. « On avait encore le cliché de l'Éthiopie frappée par la famine, sourit Thierry Lienhardt. Mais c'est un pays grand comme deux fois la France, surnommé "le toit de l'Afrique" à cause de ses hauts plateaux. » Partis à -120 m, les increvables vététistes atteindront en effet des hauteurs de +3800 m en gravissant le volcan Erta Ale, dont le lac de lave à ciel ouvert est unique au monde. Thierry Lienhardt en a encore des étoiles dans les yeux : « On est monté sur le cratère de nuit. La lave bouillonnait à nos pieds. Il y avait un silence absolu, c'était vraiment très très impressionnant. » Les découvertes se succèdent - de nombreuses églises creusées à même la roche dont une, difficilement accessible, cachée dans une falaise, les à-pic vertigineux des monts Simien, au milieu des babouins et des rapaces - au rythme des échanges avec les habitants. Les gestes, les danses, le partage des repas traditionnels ou de la cérémonie du café, les jeux de cerf-volant ou de balles à jongler remplacent les paroles. « Ça nous a vraiment frappé : les gens ont une manière très fraternelle d'engager le contact. Par exemple, pour se saluer, la poignée de main est doublée d'un contact de l'épaule, comme une petite accolade. » Après trois semaines d'un voyage « magnifique », Thierry Lienhardt, Claude Casterot, Hervé Boisson et Olivier Leclerc sont rentrés en Alsace jeudi dernier, avec dans leurs valises des tonnes de souvenirs. Ainsi que de nombreuses photos et quelques heures de vidéo, qui feront l'objet d'un montage qui, une fois réalisé, sera projeté au public dans le secteur de Haguenau. A ce film devrait cette fois-ci également s'ajouter un carnet de voyage, qui rassemblera les textes, photos et toiles d'Olivier Leclerc, artiste-témoin d'une expérience inoubliable.
Florian Haby
Le périple des aventuriers à travers l'Éthiopie a débuté dans le désert de Danakil, à 100 mètres sous le niveau de la mer pour ensuite atteindre près de 4 000 mètres d'altitude lors de l'ascension du volcan Erta Ale. (Photo Olivier Leclerc)