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Olivier Leclerc, notre compagnon de voyage, a réalisé un superbe carnet de voyage sur notre dernier périple en Ethiopie.

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Accueil arrow 2002, Islande à ski arrow Récit arrow Vendredi 29/03/2002
Samedi 30/03/2002
Réveil sous le coup des 6 h le samedi 30 mars. Préparation des pulkas, répartition du matériel et petit déjeuner pantagruélique. Le dernier de cette qualité avant onze jours.
Départ vers 0830 dans deux 4*4 plus modeste, mais toujours aussi haut perché. L’un se charge du matériel tandis que l’autre nous emmène.
La route devient vite difficilement praticable. Nous quittons la nationale pour des chemins recouverts de neige dans lesquels notre Véhicule menace de s’enfoncer à tous moments. Le crabotage et l’utilisation des vitesses courtes deviennent indispensables. Malgré tous les efforts des chauffeurs qui auraient souhaité nous accompagner plus avant nous ne tardons pas à rester bloqué. Nous vidons les camions, préparons les pulkas et nous harnachons pour la première fois à nos luges de plastique. Le ciel est plutôt clément malgré quelques redoutables bourrasques, le terrain plat et le moral encore au beau fixe. Il est 10 h 00 le signal du départ est donné, en fait il n’y aura pas vraiment de signal de départ pendant toute la traversée. Leifur, notre guide, se prépare, jette un coup d’œil au groupe, et toute la troupe s’ébranle, tant pis pour les retardataires. Il en sera de même pour la préparation de nos affaires, le petit déjeuner, le choix des places dans le refuge etc.. ; peu de place pour les retardataires ni pour les individualités trop marquées. Quand les plus matinaux ou les plus rapides ont entamé une activité, quelle quelle soit, comme la préparation des sandwichs pour la journée ; il ne s’agit pas, par exemple, de s’attaquer à son paquetage parce qu’invariablement quand viendra l’heure pour vous de préparer votre casse-croûte, le préposé au pain sera entrain de ranger ses affaires, la cochonnaille et le fromage prévu pour les sandwichs de la journée seront déjà distribués et vous vous trouverez gros jean par-devant à vous rabattre sur le surimi et la pâte de poisson en tube comme seule collation. Croyez-moi sur parole, deux jours à ce régime calme singulièrement vos ardeurs à vouloir jouer cavalier seul, d’autant plus que la pâte de poisson à haute dose déclenche de légers problèmes intestinaux, sources d’irritations à l’anus.
Nous partons à la queue leu leu derrière notre guide. Nous arrivons bientôt devant une colline abrupte d’environ 600 mètres de dénivelé. Nous attaquons celle-ci avec le courage des premières fois, d’autant plus que le bruit circule que cette journée pour atteindre le fameux plateau islandais devrait être la plus pénible du parcours. Qui a colporté ce bruit ?, le vent ? notre guide pour rendre ce premier contact avec la nature du pays moins pénible ?, un potache parmi nous ? et dieu sait qu’il y en a… nous ne le serons jamais. Toujours est-il que cette journée, de mémoire, fût pour moi une des plus faciles.
La leçon sur les chargements des pulkas n’ayant pas été suivi par tout le monde avec la même attention, le tractage de celle-ci notamment en dévers ne se fait pas sans mal. Si la température reste clémente, aux alentours des moins cinq degrés, le vente se renforce peu à peu et certaines rafales combinées au dévers font rouler les pulkas sur elles-mêmes. Les cordes s’entortillent allégrement et nous assistons à des tonneaux de pulka en série. Petits arrêts grignotage environ toutes les heures pour prévenir les coups de pompe. Arrêt déjeuner sous les coups de midi trente. Un saumon en tranche est jeté négligemment sur la neige. Chacun se sert comme il peut, fouetté par les bourrasques de neige. Pas à dire, cela met tout à fait dans l’ambiance ceux qui ne seraient pas déjà dans le coup. Heureusement le plus gros de la montée est déjà derrière nous et les quatre heures suivantes consisteront en un faux plat entouré de collines basses. Le vent que nous prenions par le travers jusqu’à présent tourne de face et les conditions météorologiques commencent à se dégrader sérieusement. La visibilité baisse régulièrement jusqu’à m’inquiéter. Un peu en retard sur le reste du groupe, je crains de perdre les traces. Nous rectifions plus d’une fois notre route au GPS et atteignons le refuge dans la tourmente sous le coup des seize heures après une dernière montée un peu pénible.
Il nous faut décharger les pulkas, vider nos sacs à dos, préparer la tambouille, Faire la corvée de neige pour la préparation du repas, la vaisselle et le remplissage des thermos , sécher nos affaires et soigner les petits bobos qui ne manquent pas d’apparaître. Pas de quoi chômer.
Le dîner est vite expédié. Il se compose essentiellement de plats lyophilisés, coquillettes au saumon, poulet au riz etc.… dans lesquels notre guide fait invariablement au fil des jours fondre une plaquette de 250 gr de beurre. Heureusement pour nos papilles gustatives, chacun avant le départ était chargé d’amener avec lui une surprise d’ordre alimentaire. Cette surprise est accompagnée d’une bonne histoire à raconter et d’un poème à réciter pour égayer le quotidien. Claude s’y colle pour le premier jour et c’est avec bonheur que nous goûtons quelques spécialités alsaciennes. Ce plus journalier qui peut apparaître comme farfelu et inutile s’avère indispensable à la longue. A l’image de ces vieux lords anglais qui, perdus au milieu de la brousse avec des indigènes et les bruits de la savane pour seule compagnie, s’habillaient en smoking pour dîner, Nos surprises quotidiennes nous permettent de nous évader, de renforcer notre unité et nous aide à relativiser nos soucis quotidiens. C’est donc à l’écoute d’un poème de Jack Kerouac que nous nous endormons sous le coup des 20 h 30.
 
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