|
|
06 avril 0415 : réveil matinal, au son du coq imité par Thierry. Longue étape à venir et pour certain, la plus éprouvante. Départ une heure et demie plus tard dans des chaussures glacées et encore mouillées de la veille. Il a plu pendant la nuit, la température s’est radoucit. Les surfaces trop dégelées nous imposent de fastidieux détours. La glace inexistante par endroit, menace de rompre à d’autres. Nous devons bientôt faire face à une conclusion pénible : Soit nous poursuivons notre route au risque de tomber dans l’eau ou de rester coincé dans l’attente d’un hypothétique regel ; soit, nous entamons un sérieux détour par l’intérieur des terres afin de rejoindre un refuge en dehors de notre route initiale. Nous perdons alors notre unique journée de sécurité, au risque, de ne pas terminer le programme escompté si les conditions nous imposent une journée supplémentaire par la suite. Nous décidons de poursuivre avec tous les risques encourus en notre âme et conscience. " Leifur " a depuis longtemps jugé les qualités d’ensemble du groupe et prend quelques instants pour nous expliquer la meilleure conduite à tenir si la glace venait à céder sous nos pas. Un silence religieux suit ses précieux conseils. Nous partons en file indienne, espacés chacun d’une bonne quinzaine de mètres avec notre guide en tête éprouvant sans cesse la qualité de la surface à l’aide de son bâton. Les bains de pied se répètent dans le brouillard et le vent. Les détours se multiplient, on ne compte plus les gués. Plus de dix heures de progression les pieds trempés avant d’atteindre le refuge du " Landmannalaugar ", surprises gustatives et poétiques en retard, mais avant tout, surprise d’une source d’eau chaude bien méritée dans laquelle nous plongeons avec un plaisir non dissimulé. Décision à l’avis générale de profiter de la journée de sécurité pour prendre du repos et chômer la journée du lendemain. |
|