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Journee 12 Cazadero Grande(3460)-Choros(3830) Capture et chargement des mules au reveil. Chaque sac est soupese afin de garantir un parfait equilibre du chargement. Tous les gestes sont a la fois surs et lents pour communiquer la plus grande serenite a l'animal. La caravane est composee de 9 mules et 4 chevauxqui vont assurer la logistique jusqu'au camp de base (4950 m). Elle est dirigee par Guillermo, gaucho dont la noblesse naturelle nous impressionne tous les 5. Nous avallons l'etape en 4h30 au lieu des 8 annoncees. Nous attendons les mules durant 2 heures devant une magnifique cascade a 3833m. L'acclimatation s'effectue normalement pou r tous. Seul Herve toussote regulierement depuis notre arrivee.
Journee 13 Choros(3830)- Aguas Caliente(4250) Apres 2 heures de marche, nous hesitons a nous engager entre 2 vallees plein nord. Ce doute augmente en fin de journee a l'arrivee car nous ne trouvons pas les sources d'eau chaude annoncees. Une heure plus tard la caravane arrive nous rassure et nous fait decouvrir un superbe bivouac suspendu sur le flanc d'une falaise.Les muletiers nous presente Anita une vigogne agee de 2 jours, trop jeune pour pouvour suivre sa mere effrayee par notre arrivee. C'est adorable mais son avenir est fortement compromis. 1ere et derniere toilette dans la riviere depuis et avant longtemps. Nous operons une premiere selection du materiel. Il sera recupere a notre retour. Acclimatation ok et nous ne voyons toujours pas l'Oros.
Journee 14 Aguas Caliente(4250)-Arenal(4950-camp de base) Journee tres deplaisante car beaucoup d'hesitation sur l'itineraire et terrain difficile. Le vent omnipresent depuis le debut commence a nous user. Nous apprenons que nous sommes la 3eme expe de l'annee et la derniere. Nous connaissons les premiers vertiges. Toujours pas d'Oros en vue. Herve n'a pas d'appetit et ne dort pas de la nuit. Coucher a 19h30 pour echapper au froid et a un decor lugubre. Les animaux n'ont pas cette chance. Leur seule protection consiste a se dissimuller derriere de gros rochers.
Journee 15 Camp de base(4950-Camp 1, 5550 Agua de la Viguna) Les mules nous accompagnent pour la derniere fois et ne pourrons restees du fait de l'altitude. Elles aussi souffrent du mal des montagnes. Lors de la progression, chacun ressent nettement le manque d'oxygene. Une heure avant d'arriver au bivouac, nous arrivons a un col. Le decor nous percute de plein fouet : au premier plan un immense serac encercle d'un champ de penitents dominent une tres belle lagune. Au dessus se dresse un geant : l'Oros del Salado. Moment de silence dans l'equipe ! L'acclimatation continue a se derouler suivant nos plans. Compte tenu de l'altitude, nos essoufflements et vertiges passagers ne sont pas alarmants. Guy et Claude souffrent de maux de tete.Seuls Guillermo et Victor assurent la logistique du bivouac. L'ascension finale approche. Demain nos sacs seront reduits a l'essentiel.Le froid est saississant. Notre seul refuge est au fond de notre duvet. Thierry est saisi de convulsions febriles au moment du coucher.
Journee 16 camp 1 (5550)-camp 2 (5900) C'est decide, Guillermo nous accompagne pour porter la nourriture et les tentes jusqu'au camp 2. En chemin, il nous apprend qu'il n'a jamais fait l'ascension de l'Oros. Comment est ce possible ? Une personnalite si attachante, empreinte d'humilite et de sagesse, si forte physiquement , n'a jamais eu la possibilite de gravir le sommet. Nous remarquons immediatement ce desir et lui exprimons notre envie de le voir a nos cotes. Immediatement des solutions techniques sont trouvees pour lui permettre de faire le sommet. Il accepte notre proposition, avec beaucoup d'emotion, il ne peut retenir quelques larmes. Arrives au bivouac, au pied de l'Oros,des 14 H nous nous concertons pour etablir le plan de l'ascension du lendemain. Puis nous nous emmitouflons dans nos sacs de couchage pour n'en sortir que pour les besoins essentiels. Le reveil est fixe pour 2h30. La visibilite sera excellente, c'est la pleine lune. Guillermo nous annonce qu'il ne pourra nous accompagner car son travail prime. Il doit redescendre pour organiser le travail et verifier la sante des mules. Deception dans l'equipe, mais nous nous concentrons sur l'objectif. De plus Herve nous inquiete. Sa toux est prononcee, ses maux de tete et son manque d'appetit ne le mettent pas dans les meilleures dispositions. Tous les soirs, nous nous soumetons a un test : Astrid. Astrid (prenom d'une copine de Guy) est un appareil qui nous permet de connaitre notre rythme cardiaque et notre taux d'hydratation. Il suffit d'introduire un doigt dans l'orifice. Ce soir, les tests sont concluants compte tenu de l'altitude sauf pour Herve et Francisco, notre guide Chiien. Nous discutons longuement avec Herve, mais il nous assure que sa decision sera prise au reveil et qu'au moindre doute il renoncera.
Journee 17 camp de base 2 (5950) - sommet de l'Oros (6893 m) Herve et Claude ont bien dormi, Guy et Thierry pas du tout. Depart 4h00. Tres vite des problemes divers apparraissent. Herve manque de lucidite et s'essouffle tres rapidement. Claude doit remettre ses crampons qui se sont detaches apres 100m, nous decouvrons que c'est Guy qui fait le chef de file, notre guide est epuise. Apres un premier mur de 500 m de denivele, nous nous retrouvons tous sur un plateau. Guy et Thierry attendent dans un froid glacial (-40 certainement) depuis une demi heure ! Herve crache du sang, nous demandons a Francisco de redescendre avec lui. Apres 5 ennuis techniques, Claude doit se resoudre a monter avec un seul crampon. Il souffre de gelure au pouce droit, aux orteils et au nez. Le trio avance maintenant groupe. Le froid est tel qu'il est impossible de s'alimenter ou de s'hydrater. Nous n'avions jamais imagine avoir a faire face a de telles conditions. Le jour se leve enfin et nous rassure sur les options choisis de l'itineraire. Thierry realise que ses mains sont engourdies et paralysees par le froid. Nous parvenons au sommet a 9h30 epuises moralement et physiquement , transis, etreinte commune chargee d'emotion. Suite à la traditionnelle photo, nous redescendons au camp. Herve, Francisco et Guillermo nous attendent. A l'annonce de notre reussite, ils explosent de joie, manquant de nous etouffer en nous congratulant. Herve à l'air d'aller un tout petit peu mieux. Autoritairement, nous prenons la decision d'une descente immediate. 27 Heures continues de cheval et de mule seront necessaires pour qu'il rejoigne le premier lieu d'habitation : Fiambala. Guillermo se doit au prealable d'aller chercher les betes à Aguas Caliente. Une nouvelle fois sa generosite et sa force nous sidere ! Vers 20H00 apres un simple bol d'eau chaude coloree par un reste de sachet de soupe, Herve, Francisco et Guillermo nous quittent apres quelques accolades douloureuses emotionnellement.
Jour 18 : camp 1- Choros Depuis la veille, nous avons pris conscience qu'il n'y a plus de nourriture. En resume, pas de guide, pas d'oxygene, pas de moyen de communication, pas de nourriture... Tout va bien. Nous quittons le camp tranquillement vers 10h00 avec pour objectif de rejoindre au plus vite Herve. Olivier ne marche pas aussi vite que nous et se retrouve souvent isole loin derriere nous. Nous nous rendons compte, enfin, des efforts qu'il a deploye pour nous suivre. Il etait prevu que la caravane nous retrouve vers Aguas Caliente pour le bivouac. Mais, de notre point de vue, il fallait continuer. Aussi, Guy et Olivier reprennent la marche, Claude et Thierry attendent la caravane pour annoncer à Victor et aux palefreniers la bonne (!) nouvelle. Victor nous annoncera plus tard, dans un enorme eclat de rire, que pour la premiere fois de sa vie, il s'etait fait pieger. Le bivouac aura bien lieu aux Choros, et toute la troupe se recompose vers 22h30. Nous avallons des restes de jambon et de fromage avant de nous endormir sous un magnifique ciel d'etoiles.
Jour 19 : Choros - Cazadero Grande Dieu que ce retour nous a paru interminable. Accables par la chaleur et la fatigue, nous errons à moitie conscient dans une plaine interminable. La delivrance viendra vers 18h00 ou nous pouvons enfin prendre une douche dans un hotel de Fiambala. Nous retrouvons Herve en petite forme. Francisco nous explique que le matin meme, il avait fait un malaise cardiaque suite à une piqure de corticoides. Heureusement un medecin, à proximité, est immediatement intervenu. Le soir, Victor et Guillermo nous preparent une surprise en organisant un barbecue exceptionnel au thermes de Fiambala : une soiree magnifique, entre freres. Herve qui avait remarque la demarche saccadee de Guillermo lui offre ses chaussures. Le reste nous le gardons profondement en nous comme des instants de magie. Le temps se suspend, le corps se fait leger, et nos ames s'effleurent pendant que nos eclats de rire se percutent. Entre hommes, entre Freres pour toujours. Juste un detail : la viande de boeuf argentine est la meilleure, pas vrai Thierry ? Le vin argentin gouilleillant, pas vrai Guy ?
Jours 20-21-22 Le retour est penible. La separation avec nos amis Argentins est pesante puis s'enchainent le minibus, le 4X4, le bus et enfin les 18h00 d'avion.
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