Leurs rêves à eux restent rarement virtuels. En une dizaine d'années, Thierry Lienhardt, Claude Casterot et Hervé Boisson ont « visité » ensemble - et parfois accompagnés d'autres compères - l'Islande, le Canada, la Syrie, la route de l'encens au Yémen, celle de la soie en Chine et au Pakistan, le Pérou, la Bolivie ou le Chili.
Du berceau des premiers
chrétiens d'Afrique au
« désert des déserts »
Mais leur conception du tourisme est un peu particulière : sportifs accomplis, anciens rugbymen et amoureux de la montagne, ils envisagent chaque voyage comme un défi lancé à la volonté et au dépassement de soi. Ainsi, ils se déplacent la plupart du temps à VTT, en complète autonomie.
Leur dernière expédition en date, en 2004 au Chili, les a par exemple menés jusqu'à l'Ojos del Salado, le plus haut volcan en activité sur la planète, à la frontière argentino-chilienne. Au terme de plusieurs centaines de kilomètres à vélo, ils en ont gravi les 6 893 mètres à pied.
Trois ans plus tard, leur nouveau voyage est l'occasion d'un sympathique clin d'oeil : après le plus haut, les trois globe-trotters s'apprêtent à découvrir le plus « bas » volcan du monde : l'Erta Ale, un lac de lave permanent à 120 mètres sous le niveau de la mer. Il est situé en Éthiopie, où les trois globe-trotters partiront dès vendredi prochain.
Un break de trois semaines dans leurs emplois du temps chargés - Thierry Lienhardt est directeur du Nautiland à Haguenau, Claude Casterot assureur à Schweighouse-sur-Moder et Hervé Boisson gère une entreprise de transports à Soufflenheim -, qui les verra arpenter trois secteurs différents du pays, au nord de la capitale Addis Abeba.
Leurs vélos les emmèneront dans la région de Lalibela, le berceau des premiers chrétiens d'Afrique avec ses impressionnantes églises taillées à même la roche, la dépression du Danakil, le « désert des déserts » où s'entrechoquent les plaques terrestres, ainsi que les hauts plateaux (3 000 mètres) et les canyons du Simien, qui surplombent les sources du Nil bleu.
« A chaque projet, c'est l'un d'entre nous qui rêve un peu plus fort que les autres », sourit Thierry Lienhardt. Cette fois-ci, c'était Claude [Casterot]. » Mais la philosophie des voyages a évolué : l'envie de rencontrer les gens et de découvrir leur culture prend désormais le pas sur l'exploit sportif à tout prix - ils n'ont du reste plus grand chose à se prouver sur ce terrain-là. Sur la page d'accueil du site internet qui retrace leurs aventures (lire encadré), leur credo est résumé en deux phrases : « Les hommes font des voyages. Les voyages font l'homme .»